Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
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Attention, la chaleur fait baisser votre pression!

Paru dans 24 Heures le 20 juin 2022

Attention, la chaleur fait baisser votre pression!

C’est assez simple à comprendre: la chaleur dilate les vaisseaux et fait perdre de l’eau et du sel. Ce sont exactement les objectifs des traitements visant à abaisser la pression artérielle. La conséquence en est simple: si vous supportez mal les épisodes de forte chaleur, non seulement il faut boire, mais aussi augmenter l’apport en sel et, si vous recevez un traitement hypotenseur, en réduire la dose. Et ne pas hésiter à boire un café avec caféine.

Lors du fameux épisode de canicule de l’été 2003, on a établi qu’un bon nombre de décès de personnes âgées étaient dus à un excès de médicaments, dont les doses n’ont pas été adaptées aux conséquences de la forte chaleur.

Ce qui me paraît inquiétant, c’est le silence des autorités médicales sur ces éléments simples mais fondamentaux de la physiologie humaine. À nouveau, le 17 juin, sur les ondes de La Première, un médecin cantonal romand a cru bon de se contenter des banalités habituelles: se protéger de la chaleur et boire beaucoup. Mais pas un mot sur le phénomène de l’hypotension provoquée par la chaleur; et pas un mot sur l’adaptation des traitements médicamenteux. On doit s’interroger sur ce silence, que l’on observe chaque année depuis que les autorités déclenchent le plan canicule.

Écartons l’idée que nos médecins cantonaux ne connaissent pas eux-mêmes comment le corps humain réagit à la chaleur ou qu’ils n’aient jamais eu à soigner des personnes souffrant de la chaleur. Restent deux hypothèses, tout aussi préoccupantes.

La première est que ces responsables de la santé publique prennent les gens pour plus bêtes qu’ils ne le sont. Leur expliquer qu’il faut remplacer le sel perdu par la transpiration serait au-dessus de leurs facultés intellectuelles… Ce serait désespérant. Tous ceux qui organisent des événements exigeant de gros efforts physiques, par exemple des exercices de marche au service militaire, offrent dans les postes de ravitaillement des boissons contenant du sel, par exemple un simple bouillon. Trop difficile à comprendre, la nécessité de remplacer le sel perdu en sueur?

La seconde hypothèse, tout aussi préoccupante, tient au fonctionnement du corps médical. On a admis qu’un chirurgien discute avec son patient des bénéfices et des risques d’une intervention. Mais la prescription de pilules ne se discute pas… ou très peu. Parler d’une adaptation du traitement ouvrirait la porte à des discussions peu souhaitées.

La surmédication est devenue un véritable problème de santé publique. Elle s’illustre par ces sinistres «semainiers» qu’on fait ingurgiter à tant de nos aînés. La canicule pourrait être une bonne occasion de se demander si toutes ces pilules ne font finalement pas plus de mal que de bien.




 

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