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L’école inclusive hors la loi?

Paru dans 24 Heures le 22 janv. 2026

L’école inclusive hors la loi?

La loi vaudoise sur la pédagogie spécialisée précise, en son art. 3: «Les solutions intégratives […] sont privilégiées […] en tenant compte de l’environnement, notamment de la classe […].»

En 2015, le Grand Conseil a tenu à inscrire dans la loi une limite à l’inclusion de tous les élèves dans des classes ordinaires, limite qui est celle du fonctionnement de l’ensemble de la classe, en particulier celle des conditions d’apprentissage des élèves qui ne relèvent pas de la pédagogie spécialisée. L’ancienne conseillère d’État Cesla Amarelle a défini cette école dite «inclusive» dans son «Concept 360°». Dans les 80 (!) pages du document présentant ce concept, on peine à trouver une seule évocation du fonctionnement de la classe ou de la protection des élèves sans besoins particuliers.

Le résultat, c’est que ce «Concept 360°» ne fonctionne pas. De tous côtés, les enseignants placés face à ces classes inclusives nous alertent. Leur travail est rendu impossible, plusieurs sont en burn-out ou quittent carrément l’enseignement public.

Même insatisfaction du côté des parents. Une pétition signée par 2000 d’entre eux décrit le désarroi de leur enfant. «L’école inclusive […] est un échec qui sacrifie tout le monde: les élèves en difficulté, les élèves qui veulent apprendre et les enseignants.» À titre d’exemple, la pétition cite le cas d’une élève de 9 ans à qui l’école a recommandé le port de tampons auriculaires pour qu’elle puisse supporter le vacarme de la classe!

Le constat est sans appel. Comme toujours, lorsque des difficultés sont signalées dans l’école publique, les syndicats d’enseignants – et aussi la pétition citée – réclament des «moyens supplémentaires»: c’est tellement facile! Ils ignorent ou feignent d’ignorer que ces «moyens supplémentaires» consisteraient à engager davantage d’enseignants, plus ou moins spécialisés, dont notre Canton ne dispose tout simplement pas, alors que le problème réside dans le principe de l’inclusion, sans égard au bon fonctionnement de la classe!

Il est temps d’en revenir au texte de la loi qui fixe comme limite aux solutions intégratives de «tenir compte de l’environnement, notamment de la classe, et de l’organisation des structures concernées», ce que visiblement le «Concept 360°» ne fait pas. Et si les solutions intégratives doivent être «privilégiées», cela signifie qu’elles ne peuvent pas être imposées dans tous les cas. Nous osons donc affirmer que l’école inclusive telle que pratiquée dans notre canton est hors la loi.

Dans l’application du bouclier fiscal, le rapport Paychère a clairement établi que l’administration s’était sciemment écartée de la loi. Nous pensons que l’administration scolaire fait exactement de même en matière d’école inclusive.




 

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