Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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D'abord cultiver l'excellence !

Paru dans le 14 juin 2000

"Au peuple suisse de réussir les accords bilatéraux !" déclarait M. le Conseiller fédéral Pascal Couchepin au soir du large soutien populaire du 21 mai dernier. Ce succès, y sommes-nous préparés ? Voilà la question. A laquelle la réponse nous semble urgente. Bien plus urgente que de décider, dans la précipitation, que le processus d'adhésion à l'Union européenne doit être ou non accéléré.

La concurrence exige la qualité
Toute ouverture des marchés signifie un accroissement de la concurrence. Et cette concurrence profite aux meilleurs, alors que les moins bons en font les frais. Certains idéologues de gauche s'emploient à maudire cette réalité. Pleurnicheries inutiles : c'est un fait ! Une politique clairvoyante ne nie pas les faits, mais s'y adapte. S'adapter à la concurrence, c'est améliorer la qualité. C'est rechercher l'excellence. C'est l'exemple donné par l'horlogerie suisse, qui est parvenue, après avoir traversé les difficultés des années huitante, à reprendre sa place de leader mondial incontesté : parce qu'elle est la meilleure. C'est l'appel adressé à mots couverts par Pascal Couchepin au Peuple suisse.

L'excellence doit redevenir notre obsession
La culture de l'excellence n'est pas révolutionnaire en Suisse. On l'a souvent ridiculisée, en se gaussant du perfectionnisme, de la Gründlichkeit alémanique. On s'est moqué des brosses à dent alignées dans les casernes militaires. L'école a banalisé l'importance de l'orthographe. Toute rigueur devait être décriée comme un héritage bourgeois dépassé.  Les marxistes, à la solde d'une dictature soviétique agonisante, avaient trouvé le bon moyen de frapper là notre pays dans ce qui constituait sa vraie richesse naturelle.

Heureusement que, profondément, les Suisses ont tenu bon. Fondamentalement, nous continuons à vouloir être les meilleurs, et c'est bien. Notre industrie, nos hôpitaux, nos universités, nos écoles professionnelles, tout comme notre système social et notre politique écologique, demeurent tiraillés par une obsession : la tête du classement international. Tant mieux. Et nous pressentons même que, au-delà des atermoiements de l'Expo 02, c'est cet enjeu qui anime les organisateurs.

La qualité au coeur du débat européen
Cultivons l'excellence et adhérons à l'Union européenne. Ou refusons l'une et l'autre. Tels devraient être très clairement les termes du débat. Telle est la réalité de la concurrence. Rien n'empêche d'aider les plus faibles. Rien n'interdit d'être aussi les premiers en matière de générosité. Mais il serait faux d'occulter l'exigence de qualité que nécessite notre adhésion à l'Union européenne. Le seul chemin qui peut nous conduire à l'Europe est un chemin d'effort !

L'Ecole vaudoise nous fait souci
C'est évidemment à l'école que doit se former d'abord l'apprentissage de la "culture de l'excellence". Nous avons de bonnes raisons de croire que tel n'est pas le cas actuellement. En particulier, nous considérons que l'enseignement par "approche globale" suivie d'un "approfondissement" est une faute pédagogique. En prétendant donner à l'enfant d'abord un notion approximative d'une branche, on l'habitue à l'à-peu-près. On l'éloigne ainsi de la précision et de la rigueur, qui sont les mamelles de l'excellence.

Norme ISO ou label Swiss  ?
La qualité suisse signifie-t-elle encore quelquechose lorsque les normes sont devenues européennes ou internationales ? La question trouve un début de réponse si on se demande qui vérifie la conformité aux normes. Nous nous permettons de penser que la rigueur avec laquelle les contrôles sont effectués dans notre pays pourrait faire la différence avec certains pays voisins. Prenez l'exemple de la certification ISO 9000-9003.

Il s'agit d'une norme internationale de qualité. Mais les entreprises habilitées à délivrer ces certificats sont mandatées par les gouvernements des pays respectifs. Au point qu'une grande entreprise comme Ford, insuffisamment assurée par les normes ISO de ses fournisseurs, a choisi de procéder à ses propres contrôles de qualité. C'est dire que le mot "Swiss" à côté d'une norme internationale peut garder toute sa signification. Si nous le voulons...

Perspicacité radicale
Le parti radical est toujours prompt à se saisir des bonnes diées des autres. Nous apprenons de bonne source que, séduit par notre conception de la culture de l'excellence, le secrétaire général de nos cousins, M. le député Alain Imhof, vient de baptiser son nouveau site Internet : www.y en n'a.com.




 

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