Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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  QU'ELLES SE DRESSENT OU QU'ELLES TOMBENT

Paru dans le 1 fév. 1994

C'est un fait. Ceux qui ont en main les commandes de l'économie sont en général proches des partis libéral et radical. La philosophie redistributive des socialistes n'est pas celle d'un patron d'entreprise déterminé à créer et à produire. La récession fait tomber des entreprises. Dans leur chute, des têtes proches de nos milieux sont entraînées. Nos adversaires en font des gorges chaudes. C'est leur droit. Mais ce ne sont pas eux qui nous sortiront de la crise.

La crise économique progresse comme une avalanche : après la mise en difficulté ou la faillite de petites entreprises, après l'effondrement de quelques fortunes construites en un jour, le mouvement s'amplifie et touche, progressivement, des entreprises ou des institutions de plus en plus importantes.

Dans certains cas, une fusion réalisée à temps, une "restructuration" menée avec diplomatie camoufle la réalité des difficultés et semble éviter le désastre. Seul, souvent, le nombre croissant des chômeurs rend compte de la gravité du phénomène.

A trop faire le compte des employés licenciés, on en avait oublié les patrons. Oublié que ceux qui, pendant décennies avaient été les têtes de la prospérité étaient aussi ceux qui devaient gérer la décroissance, le déclin, voir l'échec.
Jusqu'au moment où la presse a vu qu'il y avait un créneau à exploiter : attaquer de front ces têtes en difficulté, les ridiculiser, les abattre. Et voilà que la Société romande d'électricité et la Banque vaudoise de crédit permettent l'écoulement d'un venin longtemps retenu, jusqu'à l'écoeurement.

La génération des perdants
On a parlé des artisans de la prospérité. On en a même fait des livres. Ce furent les patrons des bonnes années, celles où l'Europe était à reconstruire après la guerre. Plusieurs peuvent se féliciter d'avoir dû, pour raison d'âge, quitter le bateau au bon moment, auréolés du succès des années favorables. Ces têtes étaient à droite, nous en étions assez fiers. Leurs successeurs aussi sont dans nos rangs. Malheureusement, les temps ont changé. Nous refusons de les accabler : la prospérité n'a pas été l'affaire seulement des patrons. La récession n'est pas seulement leur faute personnelle.

Ce l'est d'autant moins que beaucoup de décisions politiques ont été prises pendant de nombreuses années contre leur avis, alors qu'ils annonçaient les difficultés qu'elles entraîneraient pour l'économie. Tout récemment, les têtes de l'économie vaudoise étaient unanimes à prédire que le refus de l'EEE serait catastrophique pour notre pays. La catastrophe se produit sous nos yeux, mais contre leur gré.

Les partisans du libéralisme sont confrontés à des difficultés qu'ils ont cherché à prévenir : nous n'en concluons pas que leurs options politiques sont fausses.

A gauche les palliatifs, à droite les remèdes
Au coeur de la crise, la gauche s'emploie à en protéger les victimes, en puisant dans les derniers vestiges de la prospérité. Cette démarche est nécessaire, et les libéraux ne doivent pas craindre de s'y associer. Mais elle ne peut conduire très loin.

Genève l'a bien compris : sa seule chance de sortir de la crise, c'est son gouvernement de droite, proche des milieux qui créent, qui entreprennent et qui donnent du travail. A Lausanne, on met plus de temps à comprendre.: le Municipal le mieux élu est celui qui, par excellence, ne crée rien mais redistribue les richesses produites par d'autres. Et les quatre prochaines années ne feront pas affluer à Lausanne les entrepreneurs décidés à créer des emplois...

Parce que, voilà. La prospérité doit se créer avant de se distribuer. C'est aujourd'hui plus que jamais que l'esprit d'entreprise doit être encouragé. C'est maintenant plus que jamais qu'il faut permettre aux têtes de se dresser, de combattre et de gagner.

C'est maintenant que Vaud comme Genève a besoin des partis de l'Entente.




 

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