Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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Paru dans Le Genevois le 10 oct. 2004

L’initiative populaire vaudoise « Des notes pour une école transparente » lancée au début de 2001 a suscité un large débat démocratique. Sa cousine genevoise, actuellement en discussion devant le Grand Conseil, différente sur la forme, est portée par la même méfiance de la population face à des réformes incessantes de l’école publique. Nous présentons ici les conditions qui ont permis le retrait de l’initiative vaudoise.

De vraies notes et des moyennes
En réponse précipitée au dépôt de l’initiative vaudoise, en 2001, le Département de la Formation et de la Jeunesse (DFJ) a introduit, dès la 7e année de la scolarité obligatoire, des codes chiffrés, allant de 2 à 6, sans demi-points. Ces (fausses-)notes ne pouvaient être attribuées qu’à quelques rares travaux importants, et ne donnaient pas lieu au calcul d’une moyenne.

Cette formule, qui a souvent été considérée comme la pire des solutions, semble correspondre assez exactement à ce que propose le contre-projet genevois. En négociation avec les initiants, et surtout à la demande du corps enseignant  lui-même, le DFJ a accepté de réintroduire de vraies notes, allant de 1 à 6 avec demi-points, et permettant le calcul de moyennes. Ces notes sont destinées à l’évaluation de l’acquisition des connaissances et compétences, c’est-à-dire au travail quotidien de l’élève.

Les initiants auraient souhaité que ces notes soient introduites dès la 3e année primaire : le Grand Conseil vaudois les a différées à la 5e année. Mais la précision du texte de loi, bien supérieur à celui de l’initiative, a suscité l’adhésion des initiants, en dépit de « l’abandon » de deux années primaires.

Le débat compétences contre connaissances
Les réformes pédagogiques des cantons romands sont largement insufflées par la mode socio-constructiviste, prônée par la FAPSE (Faculté des sciences de l’éducation de Genève). La paternité de cette théorie éducative attribuée à Jean Piaget est généralement brandie comme un bouclier à l’endroit de tous ceux qui se permettent des critiques. Il n’est plus question que de compétences, si possible transversales, et de situations-problèmes. Le terme de connaissance disparaît des plans d’études.

En accord avec le DFJ, nous considérons que l’enseignement doit faire acquérir à l’élève un solide socle de connaissances de bases, sur lequel ses compétences vont se développer. A la quasi unanimité, le Grand Conseil vaudois a précisé dans la loi que le plan d’études devait définir des objectifs  établis « en termes de compétences fondées sur des connaissances ». L’initiative vaudoise était muette sur ce point. Cette précision a aussi contribué au retrait de l’initiative.

La restauration de la sérénité
Les autorités scolaires vaudoises ont longtemps traité toute critique par le mépris. Mettre en doute certaines réformes ne pouvait être que l’effet d’esprits bornés et nostalgiques. Avec l’arrivée de Mme Anne-Catherine Lyon, le ton a changé. On a commencé à admettre que les milieux critiques étaient eux aussi préoccupés de développer une école de qualité et qu’ils pouvaient apporter une contribution utile.

En quelque sorte, le DFJ a admis que l’école devait faire l’objet d’un débat démocratique et ne pas demeurer le bastion de réformateurs idéologiques. Ce débat doit se continuer bien au-delà de la question des notes. Dans ce climat de respect et d’ouverture aux critiques étayées, les initiants ont considéré que le maintien de l’initiative engendrerait des blocages et des hostilités nuisibles à l’école. Ils ont répondu à l’esprit d’ouverture par l’esprit de conciliation.




 

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