Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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Paru dans 24 Heures le 18 juil. 2005

L’union, à Lausanne, des partis radical, libéral et démocrate-chrétien n’est pas le fruit d’une décision précipitée. Elle procède bel et bien d’une observation réfléchie des grands courants politiques qui animent notre société. Pour la comprendre, il faut s’écarter du schéma bipolaire entre la gauche et la droite. Car nous sommes en présence non de deux, mais bien de trois courants politiques principaux.

L’Etat-maman, c’est l’Etat protecteur. C’est l’Etat appelé constamment au secours des plus faibles. C’est l’Etat omniprésent pour protéger, interdire, réglementer, prévenir. C’est le combat de la gauche, au nom de l’égalité des droits.

L’Etat-papa, c’est l’état de l’ordre et des frontières. C’est l’Etat appelé, constamment lui aussi, à intervenir. Pour défendre l’identité de la nation, pour imposer des valeurs morales mises à mal, pour prévenir les menaces que l’étranger pourrait faire peser sur un corps social que l’on voudrait homogène. C’est le combat de la droite nationaliste.

Il est important de constater que la droite nationaliste autant que la gauche réclament une forte intervention de l’Etat.

La grande famille libérale et démocratique, au contraire, met les libertés de l’individu au centre de son engagement politique. Elle n’attend de l’Etat qu’un rôle subsidiaire, confiante dans les énergies et les solidarités des individus pour édifier un bien commun. Elle mise sur la responsabilité individuelle. Elle souhaite que l’effort soit récompensé, c’està-dire que l’individu puisse tirer profit de son travail. Elle affirme que la propriété privée, par principe, est la condition de cette responsabilité.

Ce schéma, comme tous les schémas, est réducteur. Les trois pôles sont présents à des titres divers dans tous les partis de l’échiquier politique. Tous tentent de trouver une position équilibrée entre l’Etat-maman, l’Etat-papa et la liberté individuelle. Mais ce sont bien à partir de ces trois vecteurs de l’action politique que se définit notre équilibre social.

L’histoire, et surtout l’histoire religieuse, qui n’est pas la même dans tous les cantons, a fait naître des partis différents. Dans le Canton de Vaud, les partis libéral et radical, nés au milieu du XIXe siècle, s’identifiaient à l’Eglise libre pour le premier, à l’Eglise nationale, pour le second. Fondé un siècle plus tard, le parti démocrate-chrétien rassemblait les Vaudois catholiques. Au-delà de ces identités religieuses, force est de constater que les grandes lignes de leur vision politique les apparentent tous trois à la famille libérale. Une union au sein de cette famille est donc naturelle. Si la démarche lausannoise constitue une première historique en Suisse, nous faisons le pari qu’elle va engendrer d’autres démarches analogues dans notre pays.

Demeurent les alliances de circonstance, celles qui donnent l’occasion à des partis divers de mener un combat commun. Lorsque l’Etat-maman devient écrasant, il est normal que la famille libérale s’allie avec l’UDC. C’est le combat pour l’allégement fiscal et la déréglementation. Mais lorsque l’Etat-papa veut isoler la Suisse, la famille libérale fait cause commune avec la gauche. Chacun des trois pôles continuera à privilégier les alliances qui lui paraîtront nécessaires en fonction des enjeux jugés prioritaires.

Jacques-André Haury, Médecin et député




 

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