Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
portrait articles revue de presse
interventions exposés contact  
  ENVIRONNEMENT

Paru dans 24 Heures le 13 août 2007

Un promeneur et son chien, un taureau qui défend son troupeau: un fait divers pour les pages un peu minces d’un journal d’été. Après quoi il faut affronter les coups de corne des humains: c’est de bonne guerre. Mais puisque 24 heures ouvre le débat, abordons la question plus fondamentale de la place de l’homme dans la nature.

Les courants écologistes couvrent un large éventail. A une extrémité se situent les écologistes «radicaux» (sans rapport avec le parti politique du même nom). Pour eux, l’être humain constitue une espèce animale parmi d’autres; puisqu’il s’est attribué indûment tous les pouvoirs et tous les droits, il doit être remis à sa place.

Si l’on en croit Jean-Christophe Ruffin*, ces milieux écologistes radicaux salueraient même les épidémies et les famines comme une heureuse façon de réduire la surpopulation humaine, source de tous les déséquilibres planétaires. A l’autre extrémité de l’éventail, on trouve les écologistes humanistes, qui considèrent qu’il faut protéger la nature et l’environnement pour le bien de l’homme.

Dans cette perspective, l’essentiel demeure l’être humain et son avenir. On observera que, dans nos sociétés campagnardes préindustrielles, souvent prises pour modèle du développement durable, l’homme n’avait pourtant pas hésité à endiguer les cours d’eau pour protéger les villages. Ni à se débarrasser de l’ours et du loup… et à tenir les taureaux à distance des humains.

Nier que l’homme est en position de supériorité (certes relative) dans la nature est une sottise. Toute la question est celle de l’usage qu’il fait de cette supériorité. Nous en appelons à une supériorité responsable: utiliser nos connaissances scientifiques et technologiques pour rendre la civilisation industrielle compatible avec le respect des ressources naturelles de la planète. Et adapter nos comportements au fait que toutes ces ressources – air, terre et eau – sont limitées. En matière d’engagement écologique, c’est déjà un vaste programme.

Tous les écologistes axent leur engagement politique autour d’une question: quelle terre voulons-nous laisser à nos descendants? Belle expression de responsabilité «citoyenne». Mais tous n’apportent pas la même réponse. Je ne souhaite pas, pour ma part, que la nature reprenne tous ses droits, au détriment de tous les progrès scientifiques et sociaux que l’humanité a développés au cours des siècles.

Mais que nous retrouvions un équilibre entre ce que l’humanité emprunte à la terre et ce qu’elle lui rend. C’est le sens du développement durable. Les relations que l’homme entretient avec le monde animal y ont une place importante.

Et nous avons heureusement compris que l’extermination de certaines espèces, ou leur protection absolue, peut conduire à des déséquilibres biologiques graves. Mais cela ne va sans doute pas jusqu’à imposer à l’être humain des mises en danger gratuites.

Qu’on me pardonne donc si j’ose souhaiter que, dans la terre que nous léguerons à nos descendants, les braves gens puissent continuer à se promener sur nos sentiers de montagne sans courir le risque de se faire encorner.

Note:* Le parfum d’Adam, Ed. Flammarion 2007.




 

Article récent


Suite...



 
    vert'libéraux