Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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  OPINIONS

Paru dans Bonne nouvelle le 29 juin 2010

Pour Jacques-André Haury, médecin et député vaudois vert-libéral, la nature se gère avec prudence, mais sans fondamentalisme. Tous les défenseurs de l’environnement entendent respecter la nature et la Création. Mais cette notion de respect mérite d’être définie. Pour le chrétien, Dieu a confié à l’homme une mission particulière: celle de gérer sa Création. On cite volontiers la Genèse qui dit au sujet des êtres humains: «Dieu les bénit et leur dit: soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et sur tous les animaux qui fourmillent sur la terre.» Mais cette formule «dominatrice» est isolée, alors que la Bible est très souvent empreinte d’admiration pour l’œuvre de Dieu, prise en exemple. Le chrétien n’adore pas la Création. Il adore le Créateur et se sent responsable de gérer son œuvre sur la Terre. Il n’en est pas de même de certains écologistes fondamentalistes, qui considèrent que la nature est sacrée et que toute atteinte que l’homme lui porte est sacrilège. Respecter, ce n’est pas ne rien toucher. Si un médecin sacralisait la nature, il devrait s’interdire tout traitement et tout geste visant à modifier le cours «naturel» d’une maladie. Respecter est une attitude de nuances, de limites, qui ne sont pas définies de façon claire dans la Bible. Pour nous, respecter, c’est une attitude et une manière d’agir. C’est admettre qu’avant de modifier ou de transformer, il faut tenter de comprendre comment la nature fonctionne, quels sont ses équilibres. C’est aussi avoir de la considération pour celles et ceux qui, avant nous, ont fait le monde qu’ils nous ont transmis. Respecter, ce n’est jamais faire la révolution. Respecter, c’est avoir une attitude modeste et prudente sur les conséquences de ses actes, qu’ils portent sur des personnes, des animaux, des végétaux ou des éléments naturels. Respecter, c’est aussi penser que d’autres viendront après nous, et qu’ils devront à leur tour vivre sur la Terre que nous leur aurons transmise. Alors que la sacralisation de la nature interdit toute intervention humaine, le respect laisse les portes ouvertes. C’est infiniment plus difficile. C’est avec une attitude de respect que nous devons aussi aborder des questions délicates comme l’interruption de grossesse, l’accompagnement en fin de vie, les organismes génétiquement modifiés. C’est pourquoi les écologistes chrétiens doivent, comme tous les croyants, demander sans cesse à Dieu, par la prière, de les éclairer.

J.-A. H.




 

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