Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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  OPINIONS

Paru dans le 15 mars 2012

Longtemps, la médecine s'est employée à prescrire toujours plus de médicaments. Non pas seulement pour traiter pendant une durée limitée un trouble passager, mais progressivement pour maintenir les gens en santé, ou même pour prévenir un risque de maladie. Les médicaments à prendre «à vie» sont devenus la routine jamais remise en cause par de nombreux spécialistes. Et les substances se sont ajoutées aux substances, en oubliant que, lorsqu'un patient est appelé à prendre dix ou vingt pilules par jour, personne ne peut prévoir comment son organisme peut résister à cette forme d' «empoisonnement ». Fort heureusement, certains signes donnent à penser que cette tendance est en train de s'inverser. Des publications et des colloques scientifiques toujours plus nombreux s'intéressent aux effets bénéfiques de certains comportements qui pourraient remplacer la prise de médicaments. On démontre que l'activité physique, le régime alimentaire, une vie équilibrée peuvent guérir des troubles de plus en plus nombreux. On le savait pour l'hypertension et les maladies cardiovasculaires, certains diabètes, l'excès de cholestérol. On évoque maintenant par exemple l'effet bénéfique de l'activité physique dans la prévention des démences séniles.Par ailleurs, les effets secondaires des médicaments, trop souvent occultés par ceux qui les prescrivent, sont désormais mieux pris en compte. L'excellente émission de Temps Présent du 7 mars sur les effets potentiellement pervers des antidépresseurs en est une illustration. A la Faculté de médecine de Lausanne, les étudiants sont désormais sensibilisés tôt dans leur formation aux dangers des prescriptions médicamenteuses multiples. Et le Docteur Thierry Bucclin, spécialiste de pharmacologie clinique, vient d'être nommé professeur ordinaire, ce qui place son activité sur pied d'égalité avec toutes les autres grandes spécialités.Va-t-on assister à une révolution de notre médecine? On peut l'espérer. Il est temps d'affirmer qu'un individu en situation de dépendance n'est pas un être en santé. Si la dépendance à des substances – alcool, tabac, drogue – mérite d'être combattue, la dépendance à des médicaments ou à des professionnels de la santé ne vaut guère mieux. Les Vert'libéraux sont doublement légitimés à s'engager dans cette révolution.


 

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