Jacques-André Haury Jacques-André Haury - médecin et député
Jacques-André Haury
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Paru dans 24 heures le 23 mars 2012

Au Grand Conseil, je collabore depuis quatorze ans avec les élus UDC vaudois, et j'affirme qu'ils sont parfaitement fréquentables. On aurait aimé, bien sûr, que cette section prenne, à l'occasion, ses distances face aux slogans et aux campagnes d'affichage du parti suisse. Mais qu'importe: dans notre canton, l'UDC pratique la modération vaudoise.

Mais ce parti commet un crime de lèse-majesté. Il ose s'opposer à la suprématie des intellectuels de gauche qui se plaisent à ronronner à l'abri de toute véritable contestation. Face à une gauche qui vise systématiquement l'indifférenciation, voire la confusion, l'UDC ose tenir le langage de la différence. L'opposition entre ces deux visions politiques culmine autour de la différence nationale.

Pour réussir la révolution socialiste, il fallait rompre avec les traditions suisses, qualifiées de bourgeoises, ternir notre passé et faire disparaître tout sentiment patriotique. Ce mouvement a trouvé son apogée avec Expo.02, qui choisit de dissimuler le drapeau suisse.

L'UDC pratique la démarche opposée: elle affirme la légitimité des différences. Qu'on soit d'accord ou non, cette vision philosophique est partagée par une bonne partie de nos concitoyens, et elle n'est pas plus scandaleuse que son contraire. Ceux qui s'attaquent au ton et aux méthodes de l'UDC utilisent l'anathème pour éviter d'entendre des réflexions politiques qui les dérangent.

Aux idéologues de gauche, entravés subitement dans la marche inexorable vers leur «progrès», d'autres personnalités vaudoises se sont ajoutées. Tel ce jeune conseiller national PLR, politiquement imberbe, qui a trouvé dans le dénigrement de l'UDC un axe de communication porteur. Ou son collègue PDC, homme d'expérience, qui tente, en s'attaquant à l'UDC, de régler les comptes de sa jeunesse belge avec l'envahisseur nazi. Tous deux n'ont guère d'expérience de la réalité politique vaudoise.

Le miracle vaudois, c'est cette volonté commune, au-delà des clivages partisans et des programmes opposés, de parvenir à trouver un moyen de s'entendre et de vivre ensemble. A ce miracle, sans cesse renouvelé, tous les partis prennent part, l'UDC comme les autres.

Je ne conteste pas à l'UDC son droit d'avoir des positions qui parfois ne sont pas les miennes; tout comme je reconnais aux socialistes et à l'extrême gauche le droit de mener des combats qui parfois me dérangent.

Les uns comme les autres contribuent à faire vivre ensemble ce petit peuple de 700 000 âmes que constitue le canton de Vaud. Ils y parviennent d'ailleurs assez bien, car notre système démocratique impose à tous d'entrer en dialogue et interdit les excès.

Chacun est libre d'accorder sa préférence aux représentants d'un courant de pensée plutôt qu'à un autre. Mais je ressens l'acharnement de certains opposants à l'UDC comme profondément étranger au génie vaudois.

Jacques-André Haury




 

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