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Oui, la surpopulation s’oppose à la durabilité

Paru dans 24 Heures le 29 avril 2026

Oui, la surpopulation s'oppose à la durabilité

L'initiative «Pas de Suisse à 10 millions! (initiative pour la durabilité)» suscite diverses oppositions, dont certaines dissimulent, sous des arguments fallacieux, une hostilité de principe à tout ce qui émane de l'UDC. On aimerait parfois plus d'honnêteté.

Relevons l'astuce de Carlo Sommaruga, président de l'Asloca, qui affirme que l'immigration a peu d'effets sur le prix des loyers, en omettant sciemment le vrai problème: la pénurie de logements, laquelle résulte bien d'une augmentation de la population.

Mais arrêtons-nous à l'Association suisse pour la protection du climat qui affirme, dans un tous-ménages, que cette initiative porterait un titre trompeur et n'aurait rien à voir avec la «durabilité», définie comme la capacité d'un système à se maintenir dans le temps en répondant aux besoins présents sans compromettre ceux des générations futures.

La croissance démographique constitue pourtant bien le facteur qui compromet toutes les mesures prises en faveur de cette durabilité.

Les effets de la surpopulation, chacun les éprouve dans sa vie quotidienne: saturation des moyens de transport, pénurie de logements, hôpitaux surchargés, nécessité de consommer du sol pour construire les infrastructures indispensables à la gestion de cette population en croissance. Jusqu'à nos sentiers forestiers qu'on doit fermer à des promeneurs devenus trop nombreux. S'y ajoute la violence qui se développe à l'intérieur des espèces animales lorsque les individus sont en surnombre.

En Suisse, de 1990 à 2024, la production de gaz à effet de serre (GES), considérée comme la plus grande menace pour le climat, a régressé de 26%. Pendant la même période, la population Suisse a augmenté de 34% (passant de 6,7 à 9 millions.) À population stable, la diminution de la production de GES aurait été assez exactement de 50%. C'est l'objectif que la Suisse s'est fixé pour 2050.

Qualité de vie

Plutôt qu'une limitation de la population, les milieux écologiques affirment qu'une limitation de nos consommations serait plus durable. Certes, mais c'est vite dit. Qui est disposé à réduire la surface de son logement, ou ses déplacements, ou son chauffage? Et si de nombreux immigrés, y compris les évadés fiscaux, viennent s'installer en Suisse, c'est pour profiter de la qualité de vie qu'ils y trouvent, mais certainement pas pour se serrer la ceinture!

D'autres considèrent que le CO2 produit par un individu est le même, qu'il habite en Suisse ou ailleurs. C'est faux: dans une région peu peuplée, une augmentation démographique ne nécessite pas d'investissements en infrastructures et logements. Tout le contraire de la Suisse, où la densité de population constitue un problème en soi. On démontrerait aisément que l'essentiel des investissements publics dans notre canton vise à répondre à la croissance démographique et aux effets de la densification.

On peut avoir de nombreuses raisons de voter non le 14 juin. Mais la mauvaise foi de certains opposants, notamment de défenseurs de l'environnement, doit être dénoncée.




 

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